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Les nouvelles essences de bois, ou trouver des informations ?

Une nouvelle essence de bois : Où trouver les informations pertinentes ?
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Vous trouverez toujours un revendeur, un importateur qui a déniché une essence de bois extraordinaire: belle, stable, durable, pas chère.

Rien d’étonnant à cela puisque les botanistes s’accordent sur un nombre de 60000 espèces d’arbres différentes. L’exploitation forestière en zone tropicale consistant pour plus de 50 % à construire des réseaux d’accès, ne nous étonnons pas que les forestiers soient toujours en quête de commercialisation de nouvelles espèces pour diminuer leurs coûts d’exploitation à l’hectare.

C’est ainsi qu’au cours des 2 à 3 dernières décennies, sont apparues sur le marché les essences suivantes: Tali, Okan, Jatoba, Itauba, Tatajuba, etc. Gageons que chaque année, de nouveaux et jolis noms fleuriront dans les négoces que des clients – toujours mieux informés – voudront chez eux.
"Il est beau mon poisson."
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Mais alors que faire? S’en remettre aux marchands? Pas seulement…

La base de données TROPIX établie par le CTFT et complétée par le CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) permet de connaître en un clin d’œil l’ensemble des données pertinentes pour une essence donnée, qu’elle soit d’origine tempérée ou exotique. 245 essences sont décrites et peuvent être consultées sous http://tropix.cirad.fr/fiches-disponibles.

Chaque essence fait l’objet d’une fiche en 4 pages. La première reprend les grandeurs physiques classiques (densité à 12 %, dureté, modules d’élasticité, etc.) auxquelles s’ajoutent les propriétés en matière de durabilité naturelle et d’imprégnabilité. A noter que ces dernières sont également reprises dans NF EN 350-1 qui seule fait foi en cas de litige.

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Cela donne un aperçu de l’essence mais le plus intéressant se trouve en dernière page… Une fois compris le graphe, on peut connaître en un clin d’œil le comportement d’une essence : nerveuse, stable, en cohérence avec ses grandeurs physiques, etc.

Ce graphe est composé de 7 échelles différentes : les 2 premières (densité, dureté) fonctionnent avec les 3 dernières (compression, flexion, élasticité). On comprend intuitivement qu’un bois dur et dense présentera des caractéristiques mécaniques élevées tandis qu’un bois léger et tendre, des caractéristiques mécaniques faibles.

Son comportement aux variations d’humidité se lit à l’aide des 3 échelles centrales qui reprennent les coefficients de retrait (total, radial et tangentiel).

Ainsi, un bois tel que le Douglas sera sans surprise : moyennement bon en termes de caractéristiques mécaniques, son comportement aux variations d’humidité est en ligne avec ses caractéristiques mécaniques. En revanche, on se méfiera du chêne certes plus dense et reprenant plus de charges en flexion mais moins souple que le Douglas et surtout beaucoup plus « nerveux » dès lors qu’il est sur dosse.
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De son côté, l’Ipé présente des caractéristiques mécaniques élevées mais reste très stable, cela expliquant aussi son prix.
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La variabilité de ces paramètres est signalée par les rectangles hachurés et sont également à prendre en compte. Celle-ci est notamment fonction de l’espèce d’arbre dont il est issu et de son aire d’origine.

Lorsqu’une essence de bois vous est mal connue, reportez-vous à cette base de données: vous en apprendrez plus sur ses qualités intrinsèques que nulle part ailleurs.